Publié le 14 février 2011
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Pourquoi l’UNSA dit Non

Les CTP de la Direction des ressources humaines et du Secrétariat Général se sont tenus le jeudi 10 février. La mise en place d'une « structure dédiée à l'Université des Cadres » était inscrite (entre autres) pour avis à l'ordre du jour du premier, et la « création d'une mission “préfiguration de l'établissement public des musées” » à l'ordre du jour, toujours entre autres et pour avis, du second. Les représentants de l'UNSA au sein de ces deux Comités techniques paritaires ont voté “Non” pour chacun de ces dossiers. Pourquoi ?

Le Syndicat UNSA des attachés des administrations parisiennes vous a déjà communiqué son opinion, sur le présent site, en ce qui concerne le projet d'Université des Cadres. Rappelons les questions que nous avons posées dans notre newsletter dès le 16 avril 2010 à propos de ce projet (questions qui restent, près d'un an plus tard, sans réponse) :

• Pourquoi le projet ne liste-t-il aucun but précis et concret à atteindre et est-il accompagné, parfois jusqu'à la caricature, d'un vocabulaire abstrait et prétentieux ? On apprend ainsi officiellement que l'Université des Cadres doit « favoriser la tenue de groupes de travail sur des thématiques transverses émergeant des cadres eux-mêmes et des expériences innovantes » ; elle représente une « structure nouvelle » qui sera « un lieu d'échanges et de réflexions » mais aussi un « lieu de production et de travail ». Il est vrai que ladite Université n'en est qu'au stade potentiel du devenir... Une sorte d'avant-propos aux prolégomènes de l'introduction, en quelque sorte.

• Pourquoi raccroche-t-on des services qui fonctionnent bien (comme le coaching) au vieux serpent de mer du parcours professionnel individuel des cadres, qu'aucun Maire de Paris n'a été capable de mettre en œuvre depuis 1977 ? Lorsqu'on sait qu'aucune base documentaire complète concernant les carrières et les parcours des cadres A actuellement en place n'a jamais été créée, on ne peut que constater que le fameux “parcours professionnel individuel” des cadres de la Ville en est toujours au stade de l'incantation.

• Les archives concernant les différents essais de mise en place d'un parcours professionnel individualisé ont-elles été retrouvées et consultées ? Pour l'heure, il semble qu'aucun historique concernant les cadres A en place n'ait été constitué.  La création d'une fonction concernant cet historique est bien prévue dans le cadre d'un nouveau volet de l'application informatique RH 21, mais où sont les données sur lesquelles cette fonction doit s'appuyer ? On est, semble-t-il, encore bien loin des “viviers” évoqués en janvier 2008 lors de la création de la mission “parcours professionnel des cadres” à la DRH.

• Pourquoi ce projet porte-t-il le nom d'Université des cadres, qui fait immédiatement songer aux Universités d'été des partis politiques ? Un intitulé tel qu'une “Mission Cadre” aurait fait certes moins chic, mais aurait été beaucoup plus juste.

Au final, les représentants de l'UNSA au CTP de la DRH ont donc voté contre un projet qui s'inscrit dans une logique d'effet d'annonce et de marketing politique, et non pas comme le début d'une réflexion approfondie sur les demandes réelles des cadres, débouchant - entre autres - sur la mise en place d'un véritable parcours professionnel. L'UCP, la CFDT et la CFTC ont voté pour ce projet, et la CGT s'est abstenue.

En ce qui concerne la création d'une mission “préfiguration de l'établissement public des musées”, qui va directement impacter la carrière des personnels concernés (soit près de 1.000 agents, dont  des conservateurs et une grande majorité d'agents de surveillance des musées et de manutention), de nombreuses questions restent également sans réponse, concernant le financement de l'établissement public administratif (EPA) et les statuts des personnels qui y seront affectés.  De façon plus profonde, l'UNSA s'oppose à la notion même de “préfiguration” pour cette mission, notion beaucoup trop vague et qui laisse la porte ouverte à toutes les aventures. L'UNSA demande que la Mairie de Paris définisse dès maintenant les objectifs précis de la mission (chose que l'Éxécutif aurait dû faire avant la réunion du CTP du Secrétariat Général, mais refuse et s'obstine toujours à refuser) et n'accepte pas la création d'un organisme censé régler les problèmes qui vont se poser au fil de l'eau, à coups de groupes de travail et de rendez-vous réguliers. En clair, l'UNSA exige non pas une mission de préfiguration mais une mission travaillant sur le concret et ayant des objectifs préalablement négociés avec les représentants des personnels. Dans cette optique, deux thèmes auraient dû être traités dès à présent :

• Comment le financement du futur établissement public va-t-il être assuré ? Il est apparemment prévu que ses ressources propres (entrées des expositions temporaires + ventes de produits dérivés [T-shirt, mugs, catalogues, etc.] + mécénat) se montent à 18 % de son budget global pour atteindre 30 % dans les cinq ans suivants sa création. On est très loin de l'objectif de l'État, qui est de 75 % de ressources propres pour les musées (mécénat inclus - mais avec, il est vrai, des entrées payantes pour les collections permanentes).

• En ce qui concerne les statuts des personnels, on ignore toujours actuellement si les agents qui travailleront dans le futur établissement public y seront affectés, détachés, ou mis à disposition. Les représentants de l'UNSA ont insisté sur le fait que les personnels veulent conserver leur appartenance à la Ville de Paris, notamment pour le recrutement, les affectations dans les différents musées, les salaires, les indemnités, les horaires de travail et les œuvres sociales. Par ailleurs, que deviennent les agents de l'association Paris Musées sous statut de droit privé ? Et, last but not least, le futur établissement public ne va-t-il pas être amené à recruter des contractuels pour assurer notamment les activités festives en soirée ?

Photo : © Deepwarren  –  Creative Commons