Lever de rideau : la DAC joue gros
Article édité le mercredi 16 novembre 2016

rideau

À situation exceptionnelle, CHSCT exceptionnel. Nul doute qu’il fera date.

C’est le 10 novembre que le rapport sur l’alerte d’agents des services centraux de la Direction des Affaires Culturelles a été présenté aux membres du CHSCT, et de mémoire de syndicat, c’est une grande première, tant à la DAC qu’à la Ville. En effet jamais un rapport n’avait dénoncé une situation aussi préoccupante au regard de risques psycho-sociaux avérés.

Un rapport construit sur la parole des agents

Comme le rappelle la CGT culture sur son blog, ce rapport a été réalisé suite à l’enquête menée  conjointement par une psychologue du service d’accompagnement psychologique (du pôle santé sécurité du travail de la DRH) et un membre du CHSCT de la DAC, représentant les personnels. C’est dans ce cadre que 25 agents ont tenu à témoigner de leur souffrance au travail, majoritairement des cadres A et B, de métiers différents, évoquant des risques psychosociaux liés à la fois à l’organisation du travail et au management.

Les agents font état d’une grande rigidité organisationnelle, d’outils inopérants, de process instables, d’une charge de travail toujours plus accrue, intensifiée par le sentiment d’être perpétuellement dans l’urgence. Pèsent également sur le quotidien des agents l’insécurité liée aux déménagements, les confusions entre catégories de personnels et le déficit d’arbitrage.
Quant au management, les agents se plaignent de son organisation pyramidale, d’un manque de dialogue, de soutien, et de l’indifférence générale vis à vis de leur investissement au travail.

Le management peut même être ressenti comme humiliant, infantilisant, voire maltraitant ; ils évoquent la déshumanisation de l’environnement de travail, le climat de défiance qui règne dans la direction et l’absence d’accompagnement au changement.

Néanmoins, de façon très constante, les témoignages révèlent la fierté des personnels d’appartenir à la DAC, l’amour de leur métier ainsi que le sens du service public qui les anime.

La parole ne doit pas tomber dans l’oubli

Ce rapport, d’une remarquable qualité tant du point de vue du travail accompli que de la déontologie, montre que les signaux annonciateurs de la souffrance au travail ont été ignorés par la chaine hiérarchique.
Bruno Julliard, 1er adjoint à la Maire de Paris chargé de la culture, président de l’instance, a lui-même reconnu que ce rapport,  corroboré par les interventions des représentants syndicaux, illustre des difficultés réelles à la DAC et s’est engagé à ce que la parole recueillie ne tombe pas dans l’oubli.

Il aura donc fallu que la parole soit libérée par cette enquête afin que l’administration prenne conscience de la gravité de la situation et mette en place un plan d’action, amendable, dont le calendrier sera bientôt décliné, en particulier dans les futures instances paritaires de la Direction.
Des notes de service ou de cadrage de la hiérarchie doivent également être diffusées rapidement.
La problématique managériale a d’ores et déjà fait l’objet d’échanges en partenariat avec la DRH et le SG,  le questionnement sur le collectif a conduit à démarrer un projet de direction qui devrait aboutir en juillet 2017.
Face à une imposante batterie de dispositifs (qui inclut coaching, séminaire, travail en ateliers) les organisations syndicales restent prudentes. En effet, si certains agents ont remarqué une amélioration de l’ambiance (espérons qu’elle ne soit pas éphémère), des personnels sont encore en souffrance et la confiance n’est pas totalement recréée.

En outre, la charge de travail reste la même.

Un pernicieux mélange des genres entre politique et administratif

Les dysfonctionnements rencontrés à la DAC sont révélateurs d’une problématique plus large qui touche tous les services de la Ville. La pression constante des cabinets d’élus qui doivent à tout prix tenir une feuille de route extrêmement chargée, les déménagements et réformes auxquels les agents ne sont pas associés (dans certains cas, ils découvrent l’information par voie de presse !) génèrent une souffrance au travail dont ce rapport est emblématique.

Bruno Julliard admet qu’un tel rapport appelle des changements organisationnels d’importance.
En revanche, il reste ferme sur sa posture d’élu qui fera tout afin de suivre le programme fixé par sa feuille de route et assume le fait que son cabinet en affirme la ligne directrice : la démocratisation de la culture. À quel prix pour les agents ?
Cette interaction avec le politique posera donc toujours un problème de rythme puisqu’au final ce sont les cabinets qui fixent le tempo.

Nous jugerons au résultat.

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